ARTICLES


Sans titre, 2000

Gérard Xuriguéra

Sans titre, 1996

Julie Carpentier
Galerie Blanche, Suisse


Sans titre, 2011

P. G.
Magazine Réels Faits, Suisse

Europ’ART Genève, 2002

Beaux-Arts Magazine, France

Les fascinations africaines de deux femmes artistes, 2002

Laurence Chauvy
Le temps, Suisse

Étrange expérience que la découverte des œuvres de Marie Agnès Gachet-Mauroz. Avec les toiles intitulées Saturations 2024-2025, de la série Mémoires, vous êtes tout d'abord captivé par une matière picturale insolite. Elle semble être le résultat d'un tressage de couleurs liquides, aux trajets aussi peu décelables que le cours qu'une source souterraine. Souvent, la teinte la plus ténue et la plus éloignée — dans une éclaircie des ajouts — deviendra empâtement au bout de son parcours. Les traces de mouvements sur la cire maintenant durcie, suggèrent ici un façonnage à pleines mains, et là quelques sillons induits par un souffle, comme extérieurs à l'élaboration. Toutes ces tendances sont  capturées dans une matière nacrée et translucide, et vous resteriez bien là pour en faire la géomancie, considérant cette contemplation comme une fin en soi ; d'autant que vous êtes à un vernissage et que des propos vous arrivent, « On peut toucher », …

De la troisième dimension aux plus récents reliefs sertis sur des panneaux monochromes ou colorés, Marie Agnès Gachet Mauroz ne cesse de célébrer les prestiges de la matière. Une matière froissée parcheminée où la figuration vient de l'intérieur au diapason de l'imaginaire par l’entremise d'une écriture à l'écart des apparences, où la justesse  des rapports et des valeurs prend le pas sur la symbologie pour la convertir à la spécificité de sa vision.

 Dans ses étendues géologiques érodées, parfois marquées d'un bref graphisme, comme dans ses architectures colorées , linéaires ou concentrées, Gachet-Mauroz s'appuie sur la pesée de la main dans la masse, une pratique qu'elle domine lucidement et qui lui permet d'alterner le travail dans le volume sur les différents supports. On y retrouve le même souci d'équilibre et d'efficacité dans les alliances métamorphiques, et la même fusion étudiée du feu, de la cire, de l'huile, de l'encre et des pigments. L’unité de ton et l'équilibre des surfaces dégagent quelque chose d'insolite, impact visuel.

Mais quels que soient les enjeux du réel ici évoqués, niés ou transmutés, la démarche de Marie Agnès Gachet Mauroz respire dru et ferme, au diapason de sa sève existentielle.

Avec son intérêt immense aux matériaux énergétiques, les œuvres de Marie Agnès Gachet Mauroz ont toutes une ardeur, une vigueur, une exaltation qui nous renvoie ferveur et passion.

L'artiste a l'idée d'une vrai relation avec son travail, qu'elle veut vivre avec celui-ci, qu'elle va bâtir avec sa pratique, il en résulte une excellente connexion. C'est à partir de données sensible que se construit l'union de la matière, que se forment les sentiments d'intrigue et de curiosité.

Marie Agnès Gachet-Mauroz révèle ses œuvres par, ses règles, son style, ses éléments. Il faut se laisser prendre et accueillir l'émotion que nous procurent le réel, le comportement et l'offre des peintures de l'artiste.

Française née en 1952 au Sénégal, revenue en France en 1967, aujourd'hui installée à Lyon, Marie Agnès Gachet-Mauroz s'affirme comme un peintre matiériste, n'hésitant pas à inscrire la géologie et la géographie humaine à même ses toiles. Couches de sable, éléments de métal et éléments peints composent des tableaux dont seuls les titres, ou presque, sont «figuratifs» : Lune bleue, Le Danseur de feu, Jeux de calebasse ou Fleur de lotus…


La galerie Cour Saint Pierre à Genève accueille une femme artiste aux fascination africaines. Respectivement sculpteur et peintre, française née au Sénégal, revenue en France en 1967, aujourd'hui installée à Lyon, Marie Agnès Gachet-Mauroz s'affirme comme un peintre matiériste n’hésitant pas à inscrire la géologie et la géographie humaine à même les toiles. Le tout apparaît très hiératiques, l’Afrique  « haute en couleur » se voit concentrée dans ses harmonies jaune sable , blanc crème, brun goudron pour une très belle expression de la chaleur et de la pauvreté , univers souvent brisé, partagé comme les lèvres d'une blessure . L'architecture peu apparente assure l'équilibre et la solidité des compositions, qui sont le fait d'une artiste autodidacte étonnamment maîtresse de ses moyens.


L’Afrique tropicale de son enfance, les tornades diluviennes du Bénin en particulier, imprègnent de chaleur le travail de la terre réalisé par Marie Agnès Gachet Mauroz. Forte de ce souffle primitif, ses premiers travaux virent le jour dans les années 80 : sur un tempo baroque figuratif, ils correspondent à une traduction salvatrice de son vécu. Au fil du temps, l’artiste se tourne vers la recherche du volume dans l’espace en s’appropriant une technique propre, fortement influencée par l’Afrique dans l’expression de ses couleurs.

Les années 90 marquent son virage fondamental de la représentation figurative à la puissance du concept abstrait. Aujourd’hui, telle l’agile antilope dans le désert de tous les dangers, Marie Agnès se déplace au gré de son inspiration entre volume et surface plane. Ses uniques poudres de terre réinventent une palette de couleurs : celle d’un caméléon qui n’existe que dans nos rêves. Extraordinairement généreuse dans les gestes qu’elle imprime dans la terre, l’artiste affirme aujourd’hui son univers dans un élan d’amour de l’autre.

Marie Agnès Gachet Mauroz nous propose une nouvelle lecture de la terre :

TER comme la trilogie de la relation entre l’artiste, son univers et nous,
RE comme le retour à un état antérieur, véritable fondement de notre devenir.

La Galerie Blanche est fière de présenter le travail de Marie Agnès Gachet Mauroz, sélectionnée pour EUROP’ART 96 à Genève en mai prochain.



Le non-fond de l'oubli, 2025

Charles Ferrier
Médiapart, France